Vous plaisantez Mr Tanner - Jean Paul Dubois
Il portait sur son visage tout le poids de sa charge. D'invisibles fardeaux pesaient sur ses épaules. Ses yeux rougis larmoyaient, son nez suintaient pareil à une vieille canalisation et, de sa voix monotone assourdie par un pharynx irrité, il n'en finissait pas de lire d'absconses considérations testamentaires aux termes desquelles il m'annonça d'un air équivoque que j'héritais d'une immense maison d'habitation.
*
- Vous allez travailler avec nous ?
- Oui. J'ai pris six mois de congé sans solde.
- Vous voulez dire que vous allez être sur le chantier tous les jours ?
- Ca a l'air de vous ennuyer.
- C'est à dire que vous ne nous l'aviez pas dit. Nous on n'a pas l'habitude de travailler avec quelqu'un. Généralement les types pour lesquels on bosse, on ne les voit que le vendredi, le jour de la paye.
- Eh bien moi, vous me verrez tous les jours de la semaine.
- Vous plaisantez, monsieur Tanner. En tout cas, il faut qu'on se mette d'accord : qui est-ce qui va commander ?
Il portait sur son visage tout le poids de sa charge. D'invisibles fardeaux pesaient sur ses épaules. Ses yeux rougis larmoyaient, son nez suintaient pareil à une vieille canalisation et, de sa voix monotone assourdie par un pharynx irrité, il n'en finissait pas de lire d'absconses considérations testamentaires aux termes desquelles il m'annonça d'un air équivoque que j'héritais d'une immense maison d'habitation.
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- Vous allez travailler avec nous ?
- Oui. J'ai pris six mois de congé sans solde.
- Vous voulez dire que vous allez être sur le chantier tous les jours ?
- Ca a l'air de vous ennuyer.
- C'est à dire que vous ne nous l'aviez pas dit. Nous on n'a pas l'habitude de travailler avec quelqu'un. Généralement les types pour lesquels on bosse, on ne les voit que le vendredi, le jour de la paye.
- Eh bien moi, vous me verrez tous les jours de la semaine.
- Vous plaisantez, monsieur Tanner. En tout cas, il faut qu'on se mette d'accord : qui est-ce qui va commander ?
